Témoignage

Témoin

Anonyme

Je suis accidenté(e) | HAUTE MARNE

MERCI MON DIEU

Ma mère conduit tranquillement ce samedi 17h30 ou rien ne nous presse. Toutes les 2 ensemble pour un week-end, personne ne nous attend. 75 km/h sur une route prioritaire vitesse autorisée à 80 km/h, moi passagère sa fille, même si nous échangeons un mot ou deux (je parle rarement quand quelqu'un conduit), nous regardons droit devant nous notre route toute droite, dégagée, que nous connaissons par cœur. Nous restons quand même vigilantes.

Et puis un monsieur étant à moins de 1 km de son domicile n'a pas marqué le STOP au croisement de notre route. Et "boum", le choc, brutal, insupportable, irréel. Nous avons "volé" à 20 voire 30 mètres de la route pour atterrir dans le champ : la douleur à la poitrine due à la ceinture, les airbags, l'odeur de brûlé, le sifflement dans les oreilles et le regard hébété. Puis, je dis à voix haute "mais ce n’est pas possible, ce n’est pas possible". Mon regard se pose sur le visage de ma mère en sang. Je m'extirpe en vitesse de la voiture, tant pis pour moi si j’ai une hémorragie ou quoi que ce soit, je n’en sais rien. J'ai 53 ans et récite toutes les prières que je peux sortir. Je m'approche de ma mère et je lui mets une serviette éponge sur sa plaie : « Maman accroche toi, tu as 4 enfants, tu ne pars pas maintenant ». Elle s'est accrochée ma petite maman et avait mal mais elle s'est accrochée. Et puis les pompiers sont arrivés : 15 points de suture à la tête pour ma mère ; et moi, miracle j’ai seulement eu plus tard un gros hématome. 

Mais je reste choquée et triste, profondément triste. Pourquoi ? Un homme, pas loin de chez lui, a négligé sa conduite à ce point. Je ne comprends pas… Et si nous n'avions pas été dans une voiture solide je n'ose imaginer. Quand je conduis j'ai du civisme, j'aime les gens, j'aime les animaux, j'aime la vie. Je suis patiente derrière un tracteur car il ne va pas aller jusqu'à Marseille… Je suis patiente au feu rouge et je ne stresse pas mon voisin de devant en le collant à son coffre. Bref, trop de gens commettent des fautes parfois irréparables.

Conduire ne doit pas être anodin, ni banal.