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Attachez votre ceinture, attachez-vous à la vie

Novembre 2017

Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire depuis le 1er juillet 1973, à l’avant, et le 1er octobre 1990, à l’arrière. Au départ très contesté, l’usage de cet accessoire s’est massivement imposé à tous comme une évidence pour la sécurité de tous les passagers d’une voiture ou d’une camionnette. Pourtant, en 2016, le réflexe de boucler sa ceinture que l’on croyait définitivement acquis en 40 ans, ne l’est pas pour l’ensemble des Français. En 2016, 354 personnes décédées dans un accident de la route ne portaient pas de ceinture.

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Les chiffres

Chiffres clés sur la ceinture : 

  • 354 personnes sont décédées en 2016 dans un accident de la route,  alors qu’elles ne portaient pas, ou mal, leur ceinture, soit près de 20% des personnes tuées dans un véhicule,
  • dans tous les véhicules équipés de ceinture, les personnes tuées sans la porter sont majoritairement des conducteurs (74%). Les passagers sont autant victimes à l'avant qu'à l'arrière (13%),
  • l'abus d'alcool favorise le fait de ne pas s'attacher : en 2016, 38% des personnes tuées dans ces conditions étaient alcoolisées. Ce type d'accident est plus fréquent de nuit,
  • le dernier Observatoire des comportements constate que 95% seulement des usagers de véhicule utilitaire léger (VUL) portent leur ceinture hors des agglomérations contre 99% pour les usagers de véhicule de tourisme,
  • en voiture, les femmes sont plus ceinturées que les hommes : entre 2012 et 2016, 24% des hommes tués étaient non ceinturés contre 12% des femmes,
  • en 2016, 154 829 contraventions ont été dressées pour non-port de la ceinture de sécurité par un conducteur ou un passager.

L'interview d'Anne Guillaume

Anne Guillaume est médecin. Chercheuse en Biomécanique puis en Sciences Cognitives, elle devient Professeure agrégée du Val-de-Grâce en physiologie et ergonomie en 2003. Elle prend en 2008 la direction du LAB, laboratoire d'accidentologie, de biomécanique et d'études du comportement humain (fondé par PSA et Renault en 1969). Depuis 2015, elle est nommée Expert Leader dans le domaine de la sécurité routière pour le Groupe Renault. 

Quels sont, selon votre expérience, les principaux risques à oublier de boucler sa ceinture de sécurité ?

Lors d’un accident en choc frontal, l’énergie du choc est toujours absorbée en premier lieu par la déformation des structures avant du véhicule. Le reste de l’énergie est dissipée dans l’habitacle. C’est là que la ceinture joue son rôle : en retenant les personnes attachées, elle les empêche d’être projetées sur le pare-brise ou d’être éjectées du véhicule. Une éjection arrive fréquemment lorsqu’un véhicule fait des tonneaux. La ceinture protège aussi les passagers les uns des autres. Le bon conseil à donner à un conducteur c’est de bien vérifier que la personne assise derrière lui est bien attachée. Si elle ne l’est pas, il risque tout simplement sa vie. Il peut mourir écrasé par la projection de la personne assise à l’arrière ou subir des blessures très graves. 

Les ceintures de sécurité vont-elles encore s’améliorer ?

Les ceintures de sécurité ont sauvé des dizaines de milliers de vies. Leur efficacité a été renforcée par leur synergie avec l’airbag. L’action conjointe de ces deux équipements de sécurité a fait diminuer de près de 90% la gravité des blessures à la tête des personnes accidentées. L’arrivée des limiteurs d’effort sur la ceinture a permis une meilleure répartition des forces exercées sur le thorax. L’installation d’un prétensionneur, quant à lui, permet de rester bien positionné sur son siège, évitant en cas de choc le glissement du corps sous la ceinture. Peut-on aller encore plus loin ? Je dirais que le corps a ses propres limites. Aussi les constructeurs travaillent-ils à des dispositifs de freinage d’urgence intégrés dans les systèmes d’aide à la conduite avec pour objectif de diminuer la vitesse avant un impact. Diminuer la vitesse, c’est réduire la gravité des blessures. 

Le cas particulier des enfants sur la route vous préoccupe ?

Oui, car selon une récente étude européenne, 70% des enfants sont mal attachés en voiture. L’idéal est qu’un enfant soit installé dans un dispositif adapté. Bébé, son siège doit être placé dos à la route (si airbag, le désactiver). Ainsi en cas de choc frontal, les mouvements de sa tête sont limités ainsi que ceux de la colonne cervicale qui n’est pas encore capable de supporter la violence des mouvements induits par le choc. Plus âgé, il est primordial de l’attacher à une place pour lui seul, avec un dispositif bien fixé au siège de la voiture et, pour le plus grand, sur un rehausseur, lui aussi bien arrimé au siège pour que la ceinture le protège à bonne hauteur. Enfin, comme pour les adultes, un enfant bien attaché, ne doit pas porter d’anorak ou de vêtement épais car il risque de glisser sous la ceinture qui ne le protégera plus.

Pour connaître tous les conseils d'Anne Guillaume, cliquez-ici.

La réglementation

Pour découvrir les sanctions liées au non-port de la ceinture, cliquez-ici.

Ministère de l'intérieur