Témoignages

Florence Nicolas

pour son fils

Accident à 5 ans

Une seconde !

Une seconde qui va foutre votre vie en l’air, qui va tout briser, anéantir votre futur, vos rêves et stopper votre avenir en plein vol. Il n’en faut pas plus, peut être même moins, pour tout détruire. Et nous ne sommes pas devant un jeu d’ordinateur ou sur une play-station, il n’y a pas de retours en arrière, aucun retour en arrière possible. Ce qui est arrivé, aussi dramatique soit-il, est arrivé... De quoi s’agit-il ?

D’un "banal accident de la route". Que vous soyez victime ou coupable, l’hécatombe est là. Terrifiante, inacceptable, et pourtant, après cette seconde, rien ne sera jamais plus comme avant. Rien !

Ce qui suit n’est pas un roman, ni l’histoire de mon prochain film. C’est ma vie, ma vraie vie, qui après cette seconde est devenue un pur cauchemar, un combat de chaque instant, une lutte de jour comme de nuit, un traumatisme interminable, une suite de douleurs épouvantables, un calvaire quotidien. D’aileurs je suis dans mon lit en train d’écrire. Il est 4h12 du matin. Comme la plupart de mes nuits, après avoir tourné pendant des heures, je ne peux plus dormir.

J’ai mis presque 24h pour donner la vie à mon fils et une seule seconde a suffit pour qu’il meure. Pour qu’il soit assassiné sur la route par un chauffard ivre.

Vous trouvez ça juste ? Moi non !

Aujourd’hui, il aurait 18 ans (le 8 décembre 2010), il mesurerait environ 1m80 et serait ce qu’il a toujours été : ma grande fierté, l’être que j’aime le plus, mon oxygène, celui pour lequel pendant des années je me suis levée la nuit, avec lequel j’ai partagé des fous rires inoubliables, ce qui m’apportera à son tour en temps voulu, son soutien, son amour, sa tendresse et surtout, celui pour lequel j’ai toujours lutté, afin qu’il soit fier de moi et que ses yeux brillent de bonheur et de joie de vivre.

Nicolas ne fêtera jamais ses 6 ans ! Il n’est plus ici pour que je partage avec lui, émotions, jeux, déceptions, balades, engueulades, cours de judo et tout le reste...

Il me reste quoi ? Je fais quoi ici ?

J’écris. Je vous écris, pour que surtout, vous ne passiez jamais par la même épreuve, par le même calvaire.

Ministère de l'intérieur